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Grande Interview: "Ceux qui pensent que l'opposition va boycotter les élections se trompent..." avertit Dr Fodé Oussou

Dr Fodé Oussou Fofana VP UFDGDr Fodé Oussou Fofana VP UFDGAFRICAGUINEE.COM: Bonjour M. Fofana. Le leader de l'UFDG vient de reporter sa tournée en basse guinée. Pourquoi ce report?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : Ce n’est pas seulement une tournée en basse côte, c’était une tournée en moyenne guinée et évidement une partie de la basse côte notamment Boké, Fria, Boffa et Dubréka. Il a reporté parce que le conseil politique a décidé et a demandé à Elhadj Cellou de reporter ce voyage de quelques jours parce que vous savez que nous vivons une situation extraordinaire notamment avec ce dialogue qui se passe de la façon la plus invraisemblable. Ce qui se passe au palais du peuple n’est pas imaginable. C’est nous qui avons initié ce dialogue, c’est nous qui avons mis ce comité de facilitation en place notamment Monseigneur et tous les autres. M. Gomez sait le mandat qu’on lui avait donné, le mandat qu’on lui avait donné c’était de faire tout pour qu’il soit facilitateur entre le gouvernement et l’opposition. Mais aujourd’hui le problème du palais du peuple est incompréhensible parce que en tant que partis politiques nous n’avons de problème avec aucune formation politique, les questions que nous avons posé ont leurs réponses avec le gouvernement, ça ne peut pas être un parti politique et nous n’avons pas dit qu’un parti politique ne doit pas aller aux élections ou qu’un parti politique est supérieur à un autre. Ce que nous avons dit et qui est fondamental c’est que nous voulons le dialogue structuré et les questions que nous avons, les préoccupations que nous avons ne peuvent être réglées que par le gouvernement et M. Gomez le sait très bien, il s’est que c’e! st pour cela que nous avons eu plusieurs rencontres avant le palais du peuple. Aujourd’hui nous sommes très surpris que M. Gomez accepte les gens qui n’ont pas les mêmes préoccupations.

Il fallait donc que nous soyons sur place pour voir comment les choses évoluent. Elhadj Cellou en tant que leader d’un parti comme l’UFDG ne pouvait donc pas aller pour deux semaines et laisser les discussions se poursuivre ici.


AFRICAGUINEE.COM: Le dialogue politique se poursuit à Conakry sans le collectif et l'ADP. Allez-vous maintenir votre position de boycott à ces rencontres?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : Il ne faut pas dire boycotte parce que quand vous le dites c’est comme si ce dialogue là est structuré, c’est comme si ce n’est pas nous qui avons demandé ce dialogue. C’est au palais du peuple que les centristes là ont été créés de toute pièce, on n’a pas demandé à quelqu’un de ne pas avoir des préoccupations, nous en tant que partis politiques nous avons des préoccupations que nous avons exprimé depuis le mois de mai. N’oubliez pas que depuis le mois de mai on est entrain de nous battre pour ce dialogue, on a rencontré toutes les institutions de la république, on a rencontré le ministre de l’administration du territoire, on a rencontré la société civile et on leurs a dit que nous avons des préoccupations. Quand le président de la république viole la loi, dissout les conseils communaux, on ne peut pas aller aux élections non plus quand on entend de la bouche du président Alpha Condé qu’il ne s’agira pas d’une révision mais plutôt d’une reprise complète du recensement, quand l’opérateur qui était la SAGEM a changé, maintenant on nous parle de Wai Mark. Comment cette société a eu le contrat on ne sait pas, quand la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante Ndlr) prend un fichier électoral comme ça qui doit être audité, quand Louceny (Président de la CENI Ndlr) fixe la date des élections sans nous consulter, quand Louceny va à l’intérieur du pays pour aller mettre les démembrements de la CENI même dans nos fiefs en dehors des partis politiques, ces problèmes là doivent être discutés avec le gouvernement, on ne peut pas discuté de ça avec un parti politique. Ce que nous demandons c’est que toutes les personnes qui ont les mêmes préoccupations que nous se rejoignent à nous, tous ceux qui ont les mêmes préoccupations que le gouvernement rejoignent la mouvance présidentielle. Je ne comprends plus donc quelle est la logique de Mgr Gomez ! Est-ce qu’il veut être un facilitateur ? Parce que moi à sa place j’aurais quand même adopté une méthode, j’aurai rencontré tous les groupes parce que le centre n’est pas une alliance c’est une idéologie. Quand Mamady Diawara (président du Parti du Travail et de la Solidarité Ndlr) qui est membre à part entière de l’alliance arc-en-ciel se retrouve au centre ça crée des problè! mes. Que ces leaders aient l’honnêteté de se déterminer, s’ils ont les mêmes préoccupations que nous, cela ne signifierait pas qu’ils sont de l’opposition mais par rapport au processus électoral, les questions qui sont posées nous sommes du bord par rapport à la CENI, par rapport à la dissolution des conseils communaux, par rapport à l’accès aux médias publics, par rapport à la libre circulation des leaders politiques, tous ceux qui ont le même avis que nous peuvent rejoindre notre camp, c’est ce qu’on demande. Mais aujourd’hui Mgr Gomez ne se retrouve ! Il ne s’est pas vu en tant que facilitateur, il a pensé qu’en tant que facilitateur quand on discute il doit aller rendre compte à Alpha Condé et qu’il doit tenir compte du point de vue de ce dernier. M. Gomez a aujourd’hui le courage! de nous dire qu’il peut faire ce dialogue sans nous mais il oublie que c’est nous qui l’avons mis là où il est.


AFRICAGUINEE.COM: Pourtant, le président du comité de dialogue, Mgr Gomez affirme que la porte du dialogue vous est ouverte et que vos représentants sont attendus à ce dialogue...


Dr FODE OUSSOU FOFANA : Mais écoutez, vous prenez quelqu’un, vous lui dites que vous lui faites confiance, il vous dit je veux être médiateur et vous le mettez là et un jour il vous dit qu’il peut faire le dialogue sans vous. Nous on a pas à empêcher quelqu’un à aller au palais du peuple ! Si les centristes pensent qu’ils peuvent jouer le rôle de sapeurs pompiers nous les autorisons à rejoindre l’équipe de Mgr Gomez.


AFRICAGUINEE.COM: Aujourd'hui, le front d'union pour la démocratie et le progrès de Badiko participe à ce dialogue sans pour autant prétendre à représenter "toute l'opposition".Est-ce un signe de division de l'opposition dans ce dialogue?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : Ce n’est pas un signe de division ! Badiko a une position claire. Il dit qu’il est de l’opposition, au moins lui il s’est défini. Etre de l’opposition ne veut pas dire qu’il faut obligatoirement être du collectif ou de l’ADP (Alliance pour la Démocratie et le Progrès Ndlr). Quand vous prenez les revendications de Badiko, ça se recoupe avec celles du collectif et de l’ADP. C’est pour ça d’ailleurs que je profite de cette occasion pour lui lancer un appel, je veux dire à Badiko que du point de vue vision nous avons les mêmes préoccupations, les portes de l’ADP et du collectif lui sont grandement ouvertes, moi je l’invite solennellement à nous rejoindre afin que nous formions un bloc ! parce qu’aujourd’hui ce que Badiko réclame c’est la même chose que nous réclamons. Il demande par exemple à ce qu’on restructure la CENI, il demande à ce que le fichier électoral soit audité, il demande à ce qu’il y ait un cadre de concertation permanent, mais ces préoccupations se recoupent avec les nôtres.


AFRICAGUINEE.COM: Est-ce qu’aujourd’hui vous ne craignez pas le syndrome ivoirien c'est-à-dire qu’on organise les élections avec ou sans votre participation ?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : M. SOUARE je vais vous dire une chose,  tous ceux qui imaginent que ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire ou au Gabon peut se faire en Guinée rêve débout. Nous sommes pour le dialogue, nous allons sensibiliser nos militants et l’ensemble de la population guinéenne, nous allons continuer à écrire, nous allons continuer à user de tous les moyens légaux, si M. Alpha Condé veut organiser les élections, s’il veut faire un holdup électoral, nous allons l’en empêcher. Je le dis ici, que ça soit claire dans la tête de tout le monde, ceux qui imaginent qu’on va boycotter et rester à la maison, laisser M. Alpha Condé organiser des élections et se donner un! e majorité qu’il n’a pas, pour contrôler le parlement, sont entrain de se tromper. Nous n’allons pas boycotter les élections mais on va empêcher la tenue de ces élections et on prendra toutes les conséquences. On ne sait pas ce qui va se passer, on ne sait pas le nombre de personnes qu’on va tuer mais on ne va jamais accepter que M. Alpha Condé pour lequel nous avons lutté des années, il ya eu des gens qui se sont battus pour que ce pays là soit un véritable pays démocratique, que M. Alpha Condé qui a plus de quarante ans de vie dans l’opposition, qu’il veut organiser des élections en disant que je m’en fiche des 70% de la population guinéenne. Il faut que je vous dise aujourd’hui que si on s’en tient seulement aux résultats du premier tour, le collectif et l’ADP totalisent plus de 70% de la population. Nou! s n’allons donc pas boycotter ces élections. Il n’a qu’à essayer et il verra qu’il ya une opposition organisée, une opposition prête à se battre pour que ses droits soient respectés.


AFRICAGUINEE.COM: La mouvance présidentielle vient de dévoiler ses propositions notamment l'organisation des législatives d'ici Mars 2012.Votre réaction?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : Vous savez que quand Louceny avait proposé la date du 29 décembre 2011 il l’avait donné comme ça. Les gens qui disent qu’on peut organiser les élections avant la fin du mois de mars 2012 ils le disent juste comme ça, ils ne savent pas c’est quoi le processus électoral, ils ne savent pas c’est quoi la révision. On ne se lève pas en un seul jour pour dire qu’on va organiser des élections, le délai même pour convoquer les électeurs c’est 70 jours, comment voulez-vous donc au moment où le véritable dialogue n’a pas encore commencé, on est entrain de parler du cadre de dialogue, on s’entend même pas sur le cadre du dialogue et c’est quand on sera d’accord! sur tous les points cités qu’on va aller aux élections. S’ils disent qu’on peut organiser les élections au mois de mars, ils n’ont qu’à le faire. Ce que nous demandons au gouvernement c’est d’organiser des élections libres, crédibles et transparentes.


AFRICAGUINEE.COM: Si ce chronogramme est adopté, quelle sera la marge de manœuvre du collectif et de l'ADP face aux élections législatives?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : On est au mois de janvier, comment voulez-vous qu’on organise des élections au mois de mars ?


AFRICAGUINEE.COM: Donc vous n’y croyez pas ?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : Ce n’est même pas possible ! Même si on a envie d’organiser les élections, je vous ai dis que convoquer les électeurs suppose déjà qu’on a fait la révision, ça veut dire qu’on est déjà d’accord sur la liste électorale, il faut installer les démembrements, il faut installer les kits, aujourd’hui les kits que nous avons sont de marques Wai Marks et on est pas d’accord parce qu’ils sont configurés pour le recensement intégral.


Les éléments essentiels pour aller à une élection ne sont pas réunis, comment on peut donner la date d’une élection alors que le dialogue n’a pas encore commencé. Ça fait partie de l’utopie des gens qui le disent. Aujourd’hui quelque soit la bonne volonté de M. Alpha Condé, il est entouré par des personnes qui avaient trompé feu Général Lansana Conté, vous vous rappelez de la nomination de M. Eugène Camara, les gens l’avaient prévenus d’écouter les syndicats, écoute la société civile, mais il y a eu des gens qui sont venus lui dire de nommer Eugène et que rien ne se passera, mais quand on a mis ce monsieur on a tous vu ce qui s’est passé. Donc quelque soit la volonté de M. Alpha Condé il est pris en otage, ils s! ont entrain de lui dire tu peux faire comme la Côte d’Ivoire et que l’opposition ne représente rien, organises les élections et personne ne te dira quelque chose, tu as l’armée, la police et tout à ta disposition, quand ils (les opposants Ndlr) vont sortir on va les mâter et ce qui reste clair c’est qu’on va sortir et on va encore nous mâter. Mais je dis et je répète encore, si ce pays avance c’est M. Alpha Condé, si la Guinée se développe c’est M. Alpha Condé, tout ce dialogue c’est M. Alpha Condé, la clé de ce dialogue est avec M. Alpha Condé parce que si ce n’était pas le cas Mgr Gomez n’aurait pas eu le droit en tant que facilitateur de rencontrer M. Alpha Condé et demander son avis. Il devait plutôt demander l’avis de toutes les parties. Mais comment voulez-vous qu’il ren! contre le président pour venir après nous dire que toutes les questions que vous avez posées le président n’est pas d’accord. Si le président n’est pas d’accord, en tant que facilitateur, il devait démissionner comme il l’avait d’ailleurs promis. On s’attendait à ce qu’il le fasse mais jusqu’à présent il ne l’a pas fait.


AFRICAGUINEE.COM: Selon vous qu’est ce qui expliquerait la démission du Doyen Rafiou du comité de facilitation ?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : C’est parce qu’il n’est pas d’accord, il ne partage pas les mêmes points de vue que Mgr Gomez. Si les deux parties ne s’entendent pas par exemple sur un certain nombre de questions on regarde la loi. On dit par rapport à la destitution des conseils communaux, nous on dit qu’il faut les rétablir, l’autre groupe dit non, mais on regarde ce que la loi dit par rapport aux élus locaux, qu’est ce que la loi dit par rapport à la CENI. Voilà donc comment donc le problème doit être réglé en tenant compte de la loi en toute objectivité. Si le président ne veut pas respecter la loi, Mgr Gomez doit pour sa propre crédibilité, pour l’histoire, doit démissionner comme le doyen Rafiou! l’a fait parce qu’il sait qu’en tant que facilitateur il nous a dit que le président Alpha Condé n’était pas d’accord avec nos propositions.


AFRICAGUINEE.COM: Avant de terminer, plusieurs leaders comme Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo se préparent pour des tournées à l'intérieur du pays. Peut-on dire que la caravane du collectif et de l'ADP est avortée?


Dr FODE OUSSOU FOFANA : Non ! On l’avait suspendu, l’objectif de la caravane c’est que tous les leaders partent de Conakry jusqu’à N’Zérékoré, qu’ils passent par toutes les villes, qu’ils tiennent des meetings pour expliquer aux populations l’évolution des choses parce que vous savez que l’information c’est presque seulement à Conakry. Les radios privées, les sites internet c’est seulement à Conakry. Aujourd’hui on est entrain de présenter l’opposition comme étant des gens qui ne veulent pas aller aux élections, des gens qui sont à l’origine de la misère des populations, mais ce que les gens ne savent pas c’est que c’est M. Alpha Condé et son gouvernem! ent qui ne veulent pas organiser des élections libres et crédibles.


AFRICAGUINEE.COM: Un mot pour terminer…


Dr FODE OUSSOU FOFANA : Je lance un appel à Mgr Gomez, on l’a fait confiance et il doit donc mériter cette confiance.

On a appris aussi et ça c’est très grave si cela se vérifiait, que M. Alpha Condé a rencontré les membres de la CENI en dehors des caméras et des micros, il les a rencontré et les encouragé à continué dans ce sens, ça serait un motif pour Mgr Gomez de démissionner parce qu’à partir de ce moment là lui-même il est pris en otage. Au moment où le problème de la CENI est la question principale de ce dialogue, si le président Alpha Condé reçoit les membres de cette institution et les encourage, ça veut dire que Mgr Gomez n’a plus sa raison d’être.

Deuxièmement je lance un appel à nos frères du centre, il faut qu’ils aient le courage de définir leur position, s’ils sont avec la mouvance qu’ils disent qu’ils sont avec la mouvance parce qu’un centre dans lequel il y a un certain Mamady Diawara (leader du Parti du Travail et de la Solidarité Ndrl) est un centre qui a des doutes parce que tout le monde sait qu’il est de l’alliance arc-en-ciel et il le cache pas.

Le prophète Mohamed (paix et salut sur lui Ndlr) quand il est allé à Médine, il a dit qu’il se méfie des mounafikhir (Lâches Ndrl) parce que ces gens qui n’ont pas de position. Si les gens du centre n’ont donc pas de position ils sont considérés comme des mounafikhir et Dieu a dit que ce sont eux qui seront les premiers à rentrer en enfer. Il faut donc qu’il détermine leur position.  


INTERVIEW REALISEE PAR SOUARE Mamadou Hassimiou

Chef de Bureau AFRICAGUINEE.COM

Guinée-Conakry

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