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Le Président Cellou Dalein Diallo se prononce sur les législatives ainsi que d’autres sujets de l’actualité

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Nous considérons que le chronogramme décliné par M. Louncény Camara ne concerne personne, sauf lui-même. Et vous allez voir, il sera impossible d’organiser des législatives crédibles le 8 juillet prochain…»

Telle est la quintessence de la prophétie faite par le chef de file de l’opposition guinéenne. S’exprimant au cours d’un entretien accordé vendredi soir à Guinéenews©, Cellou Dalein Diallo parle également de sa participation à la conférence annuelle des Libéraux et Démocrates en Côte d’Ivoire et de la libération de la quinzaine d’accusés d’avoir participé à l’attaque du 19 Juillet.

Guinéenews© : M. le président de l’UFDG, vous revenez d’une visite à Abidjan où vous avez pris part du 2 au 4 Mars à la conférence annuelle de l’Alliance des Libéraux et Démocrates pour l’Europe, le Pacifique, l’Afrique et les Caraïbes (ALDEPAC).

Cellou Dalein Diallo : Effectivement, j’étais à Abidjan où j’ai pris part à la septième conférence de l’Alliance des Libéraux et démocrates pour l’Europe, l’Afrique, le Pacifique et les Caraïbes. En, effet, l’ADELPAC est un réseau de parlementaires européens et ressortissants de pays ACP, qui ont en commun le partage des valeurs libérales. Je rappelle que je suis le co-président de l’ADELPAC. Nous avons tenu cette conférence à Abidjan pour rendre hommage à Monsieur Alhassane Ouattara, le vice- président de l’Internationale Libérale, qui a remporté la dernière présidentielle ivoirienne en devenant le nouveau Président de la République. Il essaye de définir les contours de notre projet libéral en Afrique. Le président Ouattara nous a fait l’honneur de présider la cérémonie d’ouverture et de nous offrir un dîner au cours auquel il était lui-même présent. J’ai eu le privilège de tenir un discours au cours duquel je lui ai remercié pour sa présence effective à la séance d’ouverture et son soutien à l’ADELPAC.

Guinéenews© : Peu avant votre départ pour Abidjan, la commission électorale a proposé la date du 8 Juillet 2012 pour la tenue des futures législatives. Votre commentaire ?

Cellou Dalein Diallo : Ma réaction n’est pas liée à la date elle-même mais par rapport au chronogramme, les actions qui précèdent le scrutin. Je pense qu’un certain nombre d’actions doit être mené avant d’aller aux élections. C’est par exemple l’audit du fichier électoral, qui prendra du temps, au moins deux mois. Y compris la date de consultations pour le recrutement du cabinet chargé de mener cet audit. L’objectif de l’audit est de s’assurer que le fichier est intègre, que les équipements dont on doit se servir pour réaliser cette révision sont des machines en bon état et que le dispositif de sécurité, qui y étaient au moment de l’élection présidentielle y sont encore. Faute de quoi il faut prendre en ce moment des décisions pour voir comment corriger au cas échéant les insuffisances qui auraient été décelées au cours de l’audit du fichier électoral.

Guinéenews© : D’après son chronogramme, le président de la CENI envisage de réaliser l’audit du fichier électoral en deux semaines. Pensez-vous que cela est possible ?

Cellou Dalein Diallo : Tous les spécialistes des questions électorales savent que cela est impossible. Même le choix du cabinet va demander au moins 45 jours dans la mesure où ce serait une consultation restreinte et non un appel d’offres international. Il a dit aussi que la révision des listes électorales se fera en 30 jours. Je ne sais pas avec quel équipement, ou avec quel opérateur, parce que tout cela n’a pas été décidé. Nous pensons qu’en ce qui nous concerne, cette révision doit se faire plus de trente jours. D’abord, il faut savoir la nature et l’état des équipements actuels pour décider du délai nécessaire pour la réalisation de cette révision. La réalité est que nous avons demandé aux techniciens de la CENI de concevoir un chronogramme réaliste réalisable pour la tenue des législatives. Ils l’ont fait tout en tenant en compte de toutes les contraintes à la fois techniques et juridiques. Ils ont estimé qu’on ne peut pas organiser des élections avant le 25 Novembre prochain. Mais Alpha Condé a dit que lui veut les législatives avant la saison des pluies. Donc, il fallait trouver une date même si on va sacrifier les diligences indispensables pour l’organisation d’un scrutin crédible. Lui, il veut des élections avant la saison des pluies. C’est ainsi qu’on a sorti une date au lieu de sortir un chronogramme réaliste et faisable.

Guinéenews© : Voulez-vous me dire que la date du 8 juillet proposée par la CENI sera comme celle du 29 décembre, une date qu’elle avait proposée sans avoir pu la respecter ?

Cellou Dalein Diallo : Ce sera exactement comme le 29 décembre 2011, quand M. Alpha Condé a demandé une date au cours de l’année 2011. On lui a dit que c’était impossible. Mais il a dit non et qu’il veut une date pour la présenter aux Nations Unies. C’est ainsi que la date du 29 décembre a été proposée sans avoir pu identifier toutes les actions à mener, ainsi que le temps nécessaire à l’accomplissement de toutes les diligences pour organiser ces élections. On n’a aucune contrainte juridique. Si on veut aller à des élections apaisées, un certain nombre de décisions doivent être prises de manière consensuelle pour satisfaire les préoccupations partagées par la communauté nationale et internationale. Ceci pour organiser des élections dans la paix et dont les résultats seront acceptés par tous. Aujourd’hui, nous considérons que le chronogramme décliné par M. Louncény Camara ne concerne personne, sauf lui-même. C’est dommage qu’on n’ait pas du respect pour la Guinée. Et vous allez voir, je vous prends à témoin, ce sera impossible d’organiser des élections crédibles le 8 juillet prochain.

Guinéenews© : Dix sept civils et militaires soupçonnés d’être impliqués dans l’attaque de la résidence présidentielle le 19 juillet 2011 ont été libérés. Votre appréciation ?

Cellou Dalein Diallo : Je déplore le fait que l’on puisse détenir des personnes pendant huit mois sans les libérer ou leur accorder une liberté provisoire jusqu’à ce qu’il y ait des éléments permettant de les maintenir en détention. J’espère que le procès tant attendu va aussi avoir lieu pour que d’autres innocentes personnes soient acquittées. Aujourd’hui, j’ai rendu visite à Elhadj Alpha Lâafou, qui a été libéré. C’est un ami et militant de mon parti. Je me réjouis de leur libération. Mais il faut dire qu’ils ont été privés de leur liberté sur une base arbitraire parce qu’ils n’ont rien fait. Aucun élément ne pesait sur eux. C’est comme les Bano Sow et Abdoulaye Manet, qui ont bénéficié d’un non-lieu. Cela peut être une grosse manœuvre d’intimidation de nos cadres et militants.

Propos recueillis par Abdoulaye Bah pour Guinéenews©

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