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Interview exclusive de Monsieur BAH Oury Vice Président de l’UFDG

MR BAH Oury VP chargé de la Communication et des Relations ExtérieuresMR BAH Oury VP chargé de la Communication et des Relations ExtérieuresObservateur : Monsieur BAH Oury Bonjour 

BAH Oury : Bonjour

Obs : Vous dénoncez un certain nombre de faits notamment les violations des droits de l’homme en Guinée, dites un peu plus 

B O : Je suis vraiment triste de constater que malgré tout ce que notre pays a subit durant ces cinquante (50) dernières années et malgré toutes les résolutions qui à chaque fois sont prises par les uns et par les autres pour crier "plus jamais ça !" , nous sommes entrain de vivre des heures sombres pour les droits de l'homme. Les violations des droits des citoyens  deviennent récurrentes. A Kindia vous avez suivi ce qui s’est passé ….. un enfant meurt dans  un poste de gendarmerie sous la torture, à la sûreté nationale de Conakry un détenu Thierno sofiana injustement emprisonné comme des dizaines d’autres personnes, meurt  faute de soins, le frère de Toumba DIAKITE  kidnappé avec d'autres membres de sa famille est torturé à mort. Des cas de ce genre foisonnent, à Bambeto, à Lola enfin un peu partout dans le pays des citoyens sont tués par des forces de l'ordre sensées les protéger. Il est  inadmissible  en 2012 que nous continuons à ne pas tirer les leçons de notre histoire récente.

Obs : Monsieur BAH Oury vous dites que l’opposition même ne parle pas assez des violations des droits de l’homme, finalement l’opposition n’est t-elle pas divisée ?

B O : Vous savez, il y a des cultures politiques dans notre pays qui ne sont pas du tout les mêmes. L'opposition est plurielle. Il y a  ceux qui  sont dans l’opposition  au pouvoir en place du fait de la compétition pour l’occupation des fauteuils  présidentiel ou ministériels et autres postes, alors que fondamentalement une opposition démocratique se bat d'abord  pour des valeurs et un projet de société. Ce projet s'articule autour des dynamiques  pour faire de sorte que notre pays et notre nation puissent  évoluer, que les libertés soient respectées  pour tout le monde,  que la liberté d’expression soit effective aussi bien   pour ceux qui sont pour le gouvernement ou pour ceux qui sont contre le gouvernement, que le citoyen soit au centre des préoccupations des gouvernants. Mais malheureusement dans notre pays, la vie d'un être humain présente peu d'intérêt aux yeux de ceux qui devraient la protéger.

Obs : En clair vous  voulez dire que l’opposition est à l’agonie ?

B O : Dans le cadre d'un environnement qui dérive vers une dictature, l’opposition a des difficultés pour s’exprimer, les leaders politiques lorsqu’ils vont à l’intérieur du pays n’ont pas la possibilité de rencontrer leurs militants et des  obstacles sont dressés partout pour les empêcher de jouir de leurs droits politiques et constitutionnels. Le citoyen lambda a peur de dire ouvertement ce qui se passe parce qu’au coin d’une rue vous pouvez être kidnappé et torturé à sang. Si vous n’avez pas de parents haut-placés pour plaider votre cause, vous pouvez y laisser votre vie. Il y a trop d’injustice, trop de sang a été verse et jusqu’à présent le bout du tunnel n'est pas en vue.

Obs : Vous êtes toujours en contact avec le président de l’UFDG, avez-vous parlé de stratégie éventuelle pour pouvoir parer à ce genre de situation en Guinée ?

B O : Je crois que depuis quelque temps lui aussi fait de la défense des droits de l'homme  un  cheval de bataille. Je  dois dire que cela  va dans le bon sens

Obs : Récemment il y a eu des changements au sein de l’UFDG notamment la création du parti AFIA de Saliou Bella, qu’est ce que cela vous inspire ?

B O : Vous savez il y a beaucoup de gens qui viennent en politique pour des motivations diverses .Il  y a certains qui viennent  en politique en estimant que c'est  le plus court chemin pour accéder au pouvoir ou bénéficier des privilèges du pouvoir. Dans les rangs de l’UFDG depuis très long temps des hommes et des femmes se sont battus pour une certaine idée de la Guinée et de son avenir  et beaucoup de gens y ont laissé leur vie. Dans  le contexte actuel qui n'est  pas favorable à l’UFDG d’autant plus que nous avons perdu les élections présidentielles, certains  estiment qu’il vaut mieux aller du côté  du pouvoir en place pour avoir  des postes ou des privilèges. C'est leur responsabilité d'avoir emprunté cette voie. Je le leur concède. Je reconnais qu’au niveau de l’UFDG nous nous battons pour en faire une institution politique pas pour simplement parer à la période actuelle mais pour assurer sa pérennité pour très longtemps. Pour ce faire, il ya une organisation à parfaire, une démocratie interne à inculquée, une dépersonnalisation de l’appareil politique pour que cet appareil soit au service d’une cause impersonnelle et non au service de quelques ambitions d’individus que nous sommes.

Obs : Monsieur BAH Oury vous parlez de dépersonnalisation du parti, on a plutôt l’impression que Saliou Bella a quitte le parti parce qu’il estimait qu’il y avait de la frustration, pensez vous qu’il ya de la frustration au sein de l’UFDG ?

B O : Dans l’UFDG c’est sont des hommes et des femmes chacun avec  son caractère et  son tempérament. C'est une organisation qui est entrain de se construire dans un contexte qui est difficile. L'espace politique reste  encore étroit et la compréhension de la culture démocratique n’est pas la même à tous les niveaux. Ces cinq (5) dernières années avec l’arrivée de Elhadj Cellou  comme président de l’UFDG nous avons accueilli  des hommes et des femmes qui sont venus de divers  courants politiques qui ne sont pas issus du courant originel de l’opposition ancienne qui a été marquée par la lutte contre la dictature depuis des longues années et cela va de soit qu' il y a  des fois des frictions et des incompréhensions du fait des expériences qui sont différentes. Mais avec le temps, les différents courants vont se mêlés et s’entremêlés pour faire émerger une  véritable identité démocratique partagée par tous au sein du parti. Personnellement je m'inscris dans cette perspective. Je suis sûr  que dans les années à  venir, les  épreuves  difficiles que nous affrontons nous permettrons d'y parvenir et cela  pour l’intérêt de la Guinée et de l’Afrique.

Obs : Vous avez certainement appris la proposition de la date du 8 juillet pour la tenue des élections législatives, quelle analyse faites-vous ?

B O : Je suis là aussi triste pour mon pays, vous savez que les élections législatives auraient dû avoir lieu en 2007. Cela fait 5 ans que nous sommes entrain de tourner en rond. Depuis 2007, il n’y a pas eu une véritable représentation parlementaire des différentes sensibilités politiques du pays. Cela a coûté très cher à notre pays. Là aussi  on nous parle du 08 juillet 2012 mais j’avoue que je n’y cois pas .Je n’y cois pas parce que tout est pipé, ils ont piétiné, et déstructuré les acquis que nous avions eu dans le cadre du dialogue qui a été instauré avec le General Lansana CONTE, tout a été démantelé pour leur permettre d’avoir un parti- Etat qui sera le RPG-Arc en ciel. Maintenant il va de soit que chaque responsable politique est appelé à se positionner par rapport à cela. Si nous accompagnons  l’arc en ciel dans l'instauration d'une dictature dans notre pays nous aurons à rendre compte au peuple de Guinée pour cette attitude contraire à l'intérêt national. 

J'ai entendu récemment Alassane CONDE dire " l’opposition empêche Mr Alpha CONDE de réaliser son projet c’est pour cela  qu'elle ne veut pas l’organisation des élections". Mais en réalité  la gouvernance d'Alpha CONDE doit rendre compte à la nation car  l’organisation des élections législatives signifie  le retour à l’ordre constitutionnel, avec en prime la reprise de la coopération pleine et entière avec le reste du monde. Mais au lieu de se hâter d'engager le pays à avoir des législatives correctes, le gouvernement tergiverse voilà bientôt deux ans sans rien faire qui soit conforme à l'intérêt national et dans le respect des règles constitutionnelles. Le manque de financement extérieur qui affecte le pays est largement de la responsabilité des autorités actuelles. Aveuglées par la politique politicienne, elles ont ignoré la souffrance des populations qui croupissent dans la misère.

Obs : Le gouvernement se bouge tout de même, tout récemment on a suivi l’accord de 200 millions même l’opposition a salue cela

B O : Tout ce qui va dans le sens de l’intérêt de mon pays j’applaudi. Les décaissements se feront avec des conditionnalités précises et sont étalés dans le temps (3 ans). Ce financement sur le principe  est un encouragement pour la mise en place des reformes structurelles et vous saurez sous peu de temps, que le gouvernement actuel du fait de sa volonté de mettre en place un système mafieux sera incapable d’appliquer systématiquement les reformes dont nous avons besoin  pour l'atteinte du point d'achèvement de l’initiative PPTE.

Obs : Monsieur BAH Oury finalement vous ne croyez en rien de la part de la mouvance présidentielle, on vous trouve très critique, vous ne pensez pas qu’il y a des acquis depuis l’arrivée de Mr Alpha CONDE qu’il faut préserver ?

B O : Le acquis méritent d'être  préservés mais aussi je veux que le  meilleur arrive à mon  à mon pays. Je ne peux pas me contenter de semblant pour duper les gens .Je veux que la Guinée avance, je veux qu’on engage les reformes nécessaires pour sortir ce beau pays de la mal-gouvernance et de la misère .Je  veux que mon pays demain soit la locomotive économique en Afrique de l'Ouest. Nous en avons  les moyens en utilisant toutes les ressources humaines du pays  qu’elles soient de l’intérieur ou de l’extérieur du pays.

Mais malheureusement c’est pas ce qui se passe, la gouvernance actuelle est entrain de poser des actes trés graves. Regardez les réformes pour lesquelles nous nous sommes battus notamment celle relative au secteur des forces de défense et de sécurité .4200 militaires ont été mis à la retraite sur la base de critères discrétionnaires .Au même moment ,une milice ethnique est en formation à l'étranger pour être intégrée à l'armée régulière, 1200 sont déjà à Conakry.

Obs : Monsieur BAH Oury Avez-vous des preuves de ce que vous dites ?

 J’ai des preuves, tout le monde le sait il suffit d’ouvrir les yeux pour voir ce qui se passe.

Obs : C’est tout cela vous appelez le semblant quand vous dites je ne peux pas me contenter de semblant ?

B O : oui parce que de l’autre cote par rapport au 200 millions de dollars que le FMI a accordé avec des conditionnalités, là on peut dire que cela va dans le bon sens. Mais le dévoiement des objectifs  initiaux de la réforme du secteur de la défense et de la sécurité est trés grave pour l'avenir du pays. C'est maintenant qu’il faut le dénoncer, il ne faut pas attendre que cela soit tard. Si par lâcheté nous fermons les yeux sur les dérives actuelles nous sommes entrain de préparer le malheur des enfants qui n'ont même pas atteint l'âge de la puberté. Les générations futures alors nous maudirons à jamais

Obs : Monsieur BAH Oury les séances de la cours d’assise ont débuté, le dossier concernant l’attaque du domicile du président Alpha CONDE sera additif, est ce vous êtes inquiet d’être cite ?

B O : Vous savez un homme politique n’a pas peur d’être condamné par une justice aux ordres, mais ce qui est le plus malheureux  est la décapitation de l'institution militaire  par des arrestations d'hommes et de femmes sans qu'il n'y ait aucune preuve. Certains malgré un passé militaire glorieux sont torturés et traités sans aucune humanité. C'est comme cela que des dictatures sanglantes s'incrustent dans une société  car chacun se disant "ah ! s'il est pris il est nécessairement coupable "jusqu'au jour où se sera à son tour d'être pris.

Si les autorités ont des preuves ils n'ont qu'à les donner. Regardez cette cabale contre Ousmane CONTE ...tout ça manque de sérieux. Le régime s'amuse avec la vie des gens.

Obs : Sur internet ça se dit que vous avez demander l’asile politique, est ce vrai ?

B O Oui. J'étais dans une situation où  voyager devenait difficile. C'est malgré moi que j’en suis arrive à cette situation, je ne pensais pas après la dictature sanglante et violente de Sékou TOURE qu’un guinéen serait contraint de vivre exile eau 21e siècle, je peux vous dire que tout est rentré dans l'ordre.     

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