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Quatorze questions au Dr Fodé Oussou Fofana

Suite au dernier article du Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG en charge des questions juridiques et sociales, de  nombreux internautes nous ont demandé de redonner la parole à ce combattant de la liberté. GuineeActu.com s’est donc approché de lui pour lui poser quelques questions. Voici cette interview.


GuineeActu.com : Quand on sait que vous êtes devenu l’une des vedettes au niveau de la nouvelle classe politique guinéenne, pouvez-vous nous dire comment vous êtes arrivé en politique ? 

Dr Fodé Oussou Fofana : Mon arrivée sur l’arène politique dans notre pays est très récente. Elle a été le fruit de la démarche menée par Hadja Halimatou Diallo, l’épouse d’Elhadj Cellou Dalein Diallo auprès de ma modeste personne. Son épouse et moi avons le terroir de Kindia en commun. C’est elle qui m’a contacté et a facilité la mise en relation entre son époux et moi. Elhadj Cellou m’a tendu une main fraternelle en me proposant de se joindre à lui, pour participer à l’édification d’une Guinée unie et prospère à travers l’UFDG. J’ai pris acte de militer au sein de l’UFDG en toute connaissance de cause. C’est le lieu de préciser qu’auparavant, je n’avais jamais milité dans une formation politique. Cependant, feu le doyen Ba Mamadou était naturellement mon idole. Car il était le symbole vivant de l’instauration d’une démocratie plurielle en Guinée. Ensuite, il y a deux raisons majeures qui ont motivé mon adhésion à l’UFDG.

La première raison était liée à l’opportunité qui venait de m’être offerte de côtoyer le doyen Ba Mamadou qui était ma référence en politique et surtout mon souhait de pouvoir bénéficier de ses riches et passionnantes expériences. Le Doyen voyait loin. Il était en avance sur son peuple. Son sens élevé de vision lui inspira très tôt de passer la flamme à son héritier afin que celui-ci puisse perpétuer son combat et parachever son œuvre. Inspiré par son réalisme et sa clairvoyance, le doyen n’a pas hésité un seul instant d’aller chercher ailleurs son héritier pour assurer sa relève. A New York, il avait justifié son choix sur la personne d’Elhadj Cellou Dalein Diallo à cause de sa performance en affirmant qu’il n’avait pas pu, à l’interne, trouver quelqu’un de susceptible d’assumer valablement cet héritage. L’épouse de M. Ba Mamadou a rappelé lors de la dernière assemblée générale du parti, le samedi passé, qu’Elhadj Cellou est le choix de son défunt mari. Quand on regarde objectivement les immenses progrès accomplis par Elhadj Cellou Dalein Diallo depuis son accession à la tête de l’UFDG, nous pouvons apprécier la clairvoyance du doyen Ba Mamadou.

La deuxième raison est relative à la personnalité d’Elhadj Cellou Dalein Diallo. C’est un grand homme qui incarne des valeurs de paix, de tolérance, d’équité, de justice, de probité et d’éthique. Il est respectueux de la diversité et de la pluralité d’opinions. Elhadj Cellou Diallo m’avait inspiré confiance quand il était aux affaires. Durant l’exercice de ses fonctions, il n’a jamais tenu compte des critères subjectifs dans la localisation des projets ainsi que dans le choix des hommes et des femmes pour l’accompagner dans ses différentes missions. Il a mis en avant l’intérêt supérieur de la nation guinéenne au point que ses redoutables adversaires avaient voulu instrumentaliser cette qualité d’homme d’Etat exceptionnelle, pour dire qu’il n’aime pas sa région d’origine et ni ses parents. Ceux qui l’ont approché dans le cadre du travail savent que c’est un homme de principe. Il est rigoureux, attaché aux résultats, soucieux de l’éthique, respectueux des règles et procédures, etc. Il a forgé l’admiration des partenaires techniques et financiers de la Guinée. C’est ce qui lui a permis de mobiliser des gros financements extérieurs dans un contexte difficile marqué par la rareté des ressources et la forte demande internationale.


Vous avez rédigé un article de choc la semaine dernière. Qu’est-ce qui a motivé ce ton inhabituel ?

Oui, la frustration et l’injustice ont été les deux éléments déterminants qui m’ont poussé à dire trop, c’est trop. Les dirigeants guinéens se sont toujours comportés comme si leurs citoyens n’avaient pas de droits. C'est-à-dire qu’ils n’ont que des devoirs. Ils les considèrent comme leurs sujets dont ils peuvent disposer de leurs droits de vie ou de mort. Ils violent perpétuellement les lois du pays et les conventions internationales qu’ils ont eu à ratifier sans aucune contrainte extérieure. Ils n’ont pas de respect en faveur de la dignité humaine. Ils préfèrent utiliser la puissance d’Etat contre leur peuple au lieu de se mettre à servir leurs citoyens. Je n’aurais jamais imaginé un seul instant que le président Alpha Condé se serait comporté de cette manière. Sinon, comment peut-on être à l’origine de la mort de plusieurs personnes et se permettre de jeter des cailloux et des gaz lacrymogènes sur le cortège funèbre de ses pauvres victimes ? Cet acte barbare est le premier du genre depuis l’indépendance de notre pays. Ce comportement est à la fois inadmissible et inacceptable. Il n’y a qu’en Guinée que l’on puisse se permettre de poser des tels actes sans que cela ne dégénère.


En quoi estimez-vous qu’il faille rétablir la vérité ?

Vous savez, certains politiciens se sont spécialisés dans l’art de tromper le peuple de Guinée. Il est temps d’éclairer les lanternes des générations actuelles et futures. Le président Alpha Condé, lors de son récent discours adressé à Boké à l’occasion de la célébration de la fête de l’indépendance nationale de la Guinée, avait pointé son doigt accusateur sur les anciens premiers ministres de feu le général Lansana Conté, regroupés au sein de l’ADP et du Collectif, comme les seuls responsables des dettes contractées par notre pays. Il a affirmé qu’ils ont investi tous ses fonds à l’extérieur. Cependant, si nous prenions le soin d’analyser avec objectivité et lucidité des telles affirmations, l’on pourrait peut-être en faire une lecture différente.

Regardons l’entourage du président Alpha Condé, combien d’anciens premiers ministres et de hauts cadres ayant occupé des postes stratégiques tels que les ministères en charges de l’Economie et des Finances, des Mines et de la Géologie, du Plan et de la Coopération internationale, de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, de gouverneur de la Banque centrale, de gouverneurs de régions administratives, de préfets et de présidents d’institutions républicaines, etc., peut-on retrouver auprès lui ? Eux ne sont-ils pas concernés ?

Je demande humblement au professeur Alpha de sortir la situation exacte de l’ensemble des dettes en indiquant l’année où elles ont été contractées, les secteurs visés et les responsables de la gestion des différents fonds ayant fait l’objet d’emprunts afin que le peuple de Guinée puisse savoir qui a fait quoi. Il peut utiliser tous les moyens de l’Etat pour faire un tel exercice afin que ceux qui tirent des casseroles soient amenés à rendre des comptes au peuple de Guinée. N’est-il pas en train de se moquer même des partenaires qui ont octroyé ces prêts ? Peut-être que sa faible connaissance des règles et des procédures des partenaires l’ont amené à tenir des tels propos. Si c’est le cas, il ferait mieux de s’informer correctement afin que ses propos puissent refléter l’image d’un chef d’Etat. Par ailleurs, nos leaders au sein de l’ADP et du Collectif apprécieraient bien un tel exercice qui contribuerait à promouvoir la bonne gouvernance.

A observer les raisons profondes liées aux ratés de feu le président Lansana Conté, nous pouvons retrouver le professeur Alpha Condé comme un des premiers responsables de cet échec. Il avait eu le soutien et les faveurs des hauts dignitaires du régime au sein de toutes les institutions républicaines. L’ancien président de l’Assemblée nationale, Elhadj Aboubacar Comparé, n’a-t-il pas affirmé avoir signé un pacte entre lui et Alpha Condé du vivant de feu le président Lansana Conté à Paris ? Est-ce les autres vont avoir le courage et l’honnêteté morale d’expliquer les pactes qu’ils avaient pris eux aussi ?

Le professeur Alpha Condé a passé l’essentiel de son temps à saper les efforts de développement de la Guinée auprès des principaux partenaires techniques et financiers du pays en prétextant qu’il n’y avait pas d’Etat de droit, de démocratie et de bonne gouvernance. De nos jours, qu’est-ce qu’il est en train de nous servir en lieu et place ? C’est de la division, de l’exclusion, du népotisme, du clientélisme, du favoritisme, de l’improvisation, de la violation des droits et des libertés et de la mauvaise gouvernance.

Le régime du professeur Alpha n’a-t-il pas été épinglé par Human Right Watch sur les questions de violation des droits de l’homme ? Le dernier rapport d’International Transparency ne pointe-t-il pas du doigt la Guinée comme le premier pays corrompu de la sous-région ouest africaine ? Peut-il dire aussi que ce sont les anciens premiers ministres regroupés au sein de l’ADP et du Collectif qui sont responsables de ces maux ? Dès lors, il est simple de comprendre quelques-unes des raisons essentielles de l’échec de feu le général Conté.


Pourquoi élevez-vous le ton au moment où le pouvoir semble vouloir apaiser les tensions ?

Nous devons faire l’effort de prendre les Guinéens au sérieux. Sinon, comment peut-on d’une part, envoyer des émissaires auprès d’Elhadj Cellou Dalein Diallo et des familles des victimes pour tenir des propos mielleux et d’apaisement, et d’autre part, lancer les loubards du RPG Arc-en-Ciel et les forces de défense et de sécurité pour jeter des pierres et des gaz lacrymogènes sur le cortège funèbre ? Pendant que les victimes sont en train d’être priées à la Grande mosquée Faysal par les citoyens de Conakry, le président s’est donné le plaisir d’aller remercier ses loubards à la mosquée de la Casse. Il a choisi encore de narguer la mémoire des victimes et de leurs proches. L’apaisement doit se traduire par des actes forts du pouvoir qui doit renoncer à la violence d’Etat contre les pauvres citoyens dont le simple tort est le fait de demander des élections crédibles et transparentes.


Quels sont les vrais maux auxquels nous sommes confrontés ?

Les maux de la Guinée sont connus. Il s’agit en général, de l’impunité, de l’injustice, de l’insécurité, de la corruption, de l’exclusion, du sous-emploi chronique et de la précarité, etc. La pauvreté a atteint un seuil inquiétant et frappe à la fois les zones rurales et urbaines, ainsi que toutes les couches. Elle a augmenté le niveau de vulnérabilité des couches touchées. L’on se demande à quoi servent les faramineux montants obtenus auprès de Rio Tinto, d’Ariba et des différents nouveaux prêts contractés dans l’opacité totale ? Les comptes d’attente servent à quoi ? Pourquoi financer doublement le projet de Kaleta, alors que l’organisation du fleuve Sénégal avait déjà bouclé le financement à moindre coût ? Est-ce pour empocher la différence ? Au lieu de promettre d’informer et d’impliquer désormais la société civile et les syndicats dans les négociations et l’utilisation des prêts, le président aurait mieux fait de commencer par poser des tels actes. Surtout quand on sait qu’il s’est toujours targué d’avoir les mains propres.


Quelles sont les mesures idoines à prendre en vue de remédier à cette triste situation? 

Je pense qu’il est nécessaire de sérier les mesures idoines à mettre en œuvre dans le court, moyen et long terme. Les autorités doivent d’abord rétablir la confiance entre les filles et fils du pays en les mettant au même pied d’égalité, lutter contre l’impunité, respecter et faire respecter la loi, promouvoir la bonne gouvernance, mettre en œuvre des politiques cohérentes, créatrices de la richesse et de la croissance qui répondent aux attentes de ses citoyens en mobilisant le génie créateur guinéen dans leur mise en œuvre sur la base des critères du mérite.


La polarisation ethnique a atteint un seuil inquiétant. Comment peut–on résoudre la question de la réconciliation nationale ?

Les violences d’Etat et les événements douloureux ne sont pas des faits de hasard. Plusieurs pays ont expérimenté des modèles de réconciliation nationale, il nous appartient de nous inspirer de leurs réussites et de leurs échecs en les adaptant à notre contexte et surtout d’éviter de réinventer la roue. Il existe des institutions spécialisées sur les questions de réconciliation nationale, il s’agit de tirer profit des telles opportunités. Les Guinéens doivent trouver le modèle de réconciliation nationale qu’ils souhaitent mettre en œuvre sans tabou et ni tambour. Il est impossible de vouloir fermer ou cicatriser les plaies si la vérité n’est pas dite sur les douloureux cas. Nous sommes un peuple croyant. Nous devons avoir l’humilité de faire amende honorable et d’accepter de pardonner les cas qui méritent de l’être. L’Etat doit envisager des formes de réparations symboliques pour honorer la mémoire des victimes et saisir la justice pour sanctionner les graves cas de violation afin de prévenir l’impunité. Notre histoire doit être écrite sans passion et avec objectivité par des personnalités choisies sur la base de leur probité morale. Les causes de nos différents malheurs doivent être cernées afin que nous fassions en sorte que des solutions appropriées soient prises au cas par cas. Tous les segments de la société guinéenne se doivent de participer activement à un tel exercice. La société civile et les medias doivent jouer des rôles clés dans un tel dispositif.


Quel regard portez-vous sur la réforme du secteur de la sécurité ?

Je suis au regret. Car c’est un regard très peu reluisant eu égard aux comportements regrettables des forces de défense et de sécurité. Un diagnostic holistique du secteur a été fait avec l’appui des principaux partenaires de la Guinée. Un début de la réforme est amorcé à travers, la délocalisation de nombreux militaires et d’engins lourds de la capitale vers l’intérieur, la mise à la retraite d’environ 4000 militaires admis à faire valoir leurs droits à la retraite, le recensement biométrique, l’élaboration des plans d’actions sectoriels, etc. Quels enseignements peut-on tirer de cette réforme ?

La réforme a permis de renfoncer la soumission des FDS à l’autorité civile élue sans qu’elle ne soit assortie du respect scrupuleux des lois et conventions internationales, comme l’attestent les massacres de Zogotha, de Siguiri, de Mamou et de Conakry. Les instructions venant d’en haut sont exécutoires sans une quelconque référence aux questions de droit de l’homme. En outre, elle a permis au président d’enrôler des personnes dévolues à sa cause. Ces gens se livrent à la violation de la dignité humaine avec mépris et haine contre les militants de l’opposition. Assurer la sécurité des citoyens et de leurs biens est loin d’être aujourd’hui la raison d’être de nos FDS.

Les principes du Secrétaire général des Nations Unies ne sont pas respectés en matière d’appui à la réforme du secteur de la sécurité dont l’assistance est conditionnée au respect des droits de l’homme. Les Nations Unies doivent s’assurer du respect de leurs principes au risque un jour d’être indexée comme complice actif.


Les jeunes sont indexés comme étant un des segments porteurs de conflits. Quelles mesures doit-on prendre pour en faire de véritables agents du développement ?

La perte d’espoir, l’ouverture vers le monde extérieur à travers les nouvelles technologies de l’information et de la communication, les frustrations et le désir ardent des jeunes de se libérer des pouvoirs dictatoriaux, ont largement contribué à faire des jeunes un segment porteur de conflits violents. Les jeunes doivent être perçus comme un atout et non un handicap.

Ils existent plusieurs approches de solutions, à savoir : miser sur l’éducation de qualité, mettre en œuvre des politiques de développement génératrices d’emplois, assurer l’accompagnement technique et financier en vue de soutenir le démarrage, la consolidation et l’expansion des entreprises économiques rentables ainsi que les filets sociaux dans le domaine de la création de la main-d’œuvre à haute intensité, etc. Il faut une forte volonté politique. Le professeur Alpha Condé peut-il nous dire pourquoi le fonds de solidarité qu’il a annoncé, il y a de cela bientôt deux ans, n’est toujours pas opérationnel ? Il aurait mieux fait d’opérationnaliser ce fonds et tirer les leçons, au lieu de se mettre à nouveau à faire des promesses qui seront mises dans les tiroirs et ressorties à l’occasion des joutes électorales.


L’article 83 de la Constitution oblige le chef de l’État à soumettre à la Cour suprême toute loi organique avant promulgation. Une fois de plus, ce dernier a violé la Constitution. Qu’attend l’opposition pour réagir ?

Très malheureusement, la violation de la Constitution par le président de la République est récurrente. Il agit comme s’il n’était pas un homme de droit. L’arme de l’opposition est la dénonciation. Nous avons pris le soin de dénoncer en temps opportun et revendiquer pour certains cas par les moyens légaux. Nous allons toujours continuer ce combat dans la légalité.


La CENI réformée est restée quasiment la même (membres de l’administration toujours présents, président de la CENI qui conserve pratiquement tous ses pouvoirs), de sorte que l’opérateur Waymark ne sera pas remis en cause. L’opposition ne s’est-elle pas fait rouler dans la farine ?

Vous savez, notre pays a toujours brillé par son approche de négociations basée sur la stratégie gagnant-perdant ou perdant-perdant. Nous avons très peu misé sur le gagnant-gagnant qui met au cœur la volonté d’aller ensemble de l’avant dans la même direction. Le pouvoir, au lieu d’œuvrer en faveur d’un dialogue constructif en formalisant un cadre de concertation permanent des acteurs politiques, a préféré rouler les gens dans la farine. La pression de l’opposition a contraint le pouvoir d’accepter l’ancienne formule de parité qui n’est plus d’actualité au regard de la nouvelle Constitution en vigueur. L’opposition a déploré l’absence d’accord politique global qui aurait permis de rapprocher les positions des acteurs politiques dans un esprit républicain. C’est effectivement là que se situe l’essence de notre combat actuel.


L’élection de Bakary Fofana comme représentant de la société civile à la CENI, voire comme président quasiment proclamé de ladite institution, semble contestée. Qu’en pensez-vous ?

Nous avons tous appris la tôlée au sein du CNOSCG relative au choix de mon frère Bakary Fofana. Je déplore des telles attitudes qui ne contribuent pas à rassurer les acteurs politiques. Sinon, comment voulez-vous confier l’organisation de toutes les élections ainsi que celles liées au référendum en Guinée à une personne dont la méthode de désignation fait l’objet de contestation par sa propre base ?

La Guinée mérite mieux, elle a besoin d’avoir à la tête de cette importante et prestigieuse institution un homme consensuel, de compétence avérée, de grande probité morale et d’intégrité. Quand allons-nous cesser de nous ridiculiser face aux autres pays ? Intéressez-vous de mener des investigations auprès des personnalités qui composent les autres CENI des pays africains. Vous vous rendrez compte du niveau de compétence et du degré de probité des membres qui les composent. Les nouvelles autorités nous avaient promis le changement. Elles nous ont servi tout ce qui est mauvais des systèmes précédents.

Certains éditorialistes pensent qu’Alpha Condé accélère les choses concernant l’élection pour montrer qu’il agit, et ainsi éviter la présence de la Communauté internationale en Guinée. L’opposition est-elle en train de se laisser endormir ?

J’ai personnellement une lecture contraire. Car, le professeur Alpha Condé a été très clair vis-à-vis des représentants des partenaires de la Guinée en affirmant haut et fort qu’il mettrait dans l’avion le premier qui lui parlerait d’élection. Il a affirmé que la Guinée est un pays souverain et qu’il n’a pas besoin de l’argent des partenaires pour organiser les élections législatives. Partant de ce constat, je suis arrivé à la conclusion que le professeur Alpha Condé veut retarder les élections pour deux raisons essentielles.

La première réside à son ardent désir de s’arroger une majorité confortable. Pour y arriver, il prépare méthodiquement son holdup électoral à l’image du second tour des présidentielles de 2010, en s’appuyant sur une CENI à sa dévotion et un dispositif mis en place par Waymark et Sabari.

Deuxième raison, retarder la mise en place d’une Assemblée capable de déceler ses magouilles, afin de pouvoir s’enrichir sur le dos du contribuable guinéen en attendant la mise en place éventuelle d’un parlement pluriel composé d’hommes et de femmes avertis. Car, il sait pertinemment que le CNT est très peu outillé et n’a pas le courage d’assumer correctement et de manière effective sa fonction de contrôle de l’action gouvernementale. Le peuple de Guinée peut compter sur l’ADP et le Collectif pour empêcher Alpha Condé de faire main basse sur les maigres ressources du pays.


Que pensez-vous du remaniement qui vient d’être opéré par le président Alpha Condé ?

Je pense que cette équipe n’apportera pas grand-chose au peuple de Guinée. Je suis resté sur ma faim en cherchant les hommes qualifiés pour conduire le vrai changement tant attendu. Comme on aime le dire souvent :« Aux grand moments, il faut des grands hommes ». C’est toujours un gouvernement de pléthore marqué par une duplication. C’est aussi un gouvernement de récompense et de substitution. On enlève le mari, on remet la femme. On enlève quelqu’un d’un groupe ethnique et on le remplace par un des siens (un Kissien par Kissien, un Guerzé par un Guerzé et un Soussou par un Soussou).

Le professeur Alpha Condé a préféré se débarrasser du restant des membres du CNDD qui l’ont porté au pouvoir. Il a opéré une nouveauté en créant un ministère en charge des Droits de l’homme et des Libertés publiques en confiant la responsabilité du département à un cadre porté sur ces questions. Je fonde l’espoir qu’il saura mettre sa mission en avant au lieu de chercher à protéger son fauteuil. Le temps nous édifiera.


Merci, et votre mot de la fin ?

Je vous remercie de l’opportunité qui m’a été offerte par vous et surtout vous témoigne mon admiration pour le travail professionnel fait par vous. Votre site a conquis les esprits et les cœurs de milliers d’internautes qui sont attachés à votre medium. Je voudrais saisir cette opportunité pour m’adresser aux militants et sympathisants de l’UFDG, à ceux de l’ADP et du Collectif et à la plus haute autorité du pays.

A vous les internautes qui êtes des militants et des sympathisants de l’UFDG, j’adresse les remerciements du parti au nom du président Elhadj Cellou Dalein Diallo et de la direction nationale du parti, pour tous les soutiens et marques de confiance accordés aux responsables du parti. Je vous exhorte à la cohésion et à l’unité au tour de notre président. Je suis confiant qu’il nous mènera à la victoire finale. Ainsi, nous réaliserons le rêve de feu le doyen Ba Mamadou et nous honorerons sa mémoire. Nous ne devons pas nous distraire et surtout nous tromper de cible. Notre unique cible est le pouvoir actuel.

A vous, de l’ADP et du Collectif, je demande d’être fiers de nos valeureux leaders qui constituent l’alternative crédible et le creuset de l’unité nationale. Les militants et sympathisants ont toujours prouvé qu’ils sont derrières leurs dirigeants et sont déterminés à poursuivre le noble combat afin de donner une nouvelle chance à la Guinée.

Au professeur Alpha Condé, je dis que l’autoroute menant à la gloire est très bien tracée et même un aveugle peut conduire sa voiture sans assistance. En outre, le chemin qui conduit à la Cour pénale internationale est connu aussi. Le malheureux sort de M. Laurent Gbagbo devrait lui servir de leçon. Il peut choisir de rentrer dans l’histoire contemporaine du pays en s’accordant avec l’ADP et le Collectif pour organiser des élections inclusives, libres, transparentes et acceptées de tous les acteurs et partenaires. Il aura les faveurs et le soutien des tous les Guinéens épris de paix et de justice. A défaut, il trouvera la détermination des membres de l’ADP et du Collectif sur son chemin. Nous ne sommes plus prêts à cautionner un holdup électoral, quel que soit le lourd prix à payer.


Propos recueillis par Adjidjatou Barry Baud
pour GuineeActu.com

 

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