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Interviews

Cellou Dalein dans la presse internationale: « Nous n’avons pas voulu politiser l’épidémie d’Ebola, c’est une question de sécurité nationale ».

Cellou Dalein Diallo Président de lUFDGAssumer un rôle d’opposant est malaisé quand son pays est soumis à une menace grave. Depuis quatre ans, Cellou Dalein Diallo assume ce rôle face à Alpha Condé, le président de Guinée. En juin 2010, il avait recueilli plus de 43% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle, alors que son rival n’en obtenait que 18%. Mais cinq mois plus tard, à l’issue d’une campagne très virulente, il se décida à accepter les résultats proclamés par la Cour suprême : 52,52% des suffrages pour Alpha Condé et 47,48% pour Cellou Diallo.

Mis à jour le lundi 15 septembre 2014 23:40

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« La BCRG a voulu venir au secours des autorités politiques pour blanchir l’opération » dixit Cellou Dalein Diallo

Cellou Dalein repond aux questions de Guinéenews à New YorkPeu avant son départ pour la suite de sa tournée nord-américaine, votre quotidien électronique Guinéenews© a été reçu par le chef de fil de l’opposition politique guinéenne, à son hôtel Marriott Essex House, situé juste à l’extrême sud du célèbre Central Park, à Manhattan. L’immeuble surplombe ce Park, considéré comme une des merveilles naturelles et touristiques aux Etats-Unis. Ici, chevaux, motos, vélos, limos et touristes se côtoient à merveille.

 

La visite aux Etats-Unis, l’affaire des 4 milliards de FCFA, la gestion de l’épidémie d’Ebola, le processus politique guinéen sont entre autres sujets abordés par Cellou Dalein Diallo.

Guinéenews© :Au terme d’une tournée qualifiée de succès-politiquement et financièrement-aux Etats-Unis, est-ce le même sentiment pour vous ?

Cellou Dalein Diallo :Oui, bien entendu! Je considère que la mission a été d’un franc et grand succès. Ceci, par l’ampleur de la mobilisation de nos compatriotes qui nous ont chaleureusement accueillis à Atlanta, Chicago, Washington D.C., Philadelphie et à New York. Partout, nous avons retrouvé des responsables et militants de notre parti satisfaits et visiblement heureux de recevoir leur président. Et, ils ont saisi l’occasion pour réitérer leur engagement et leur détermination à apporter leur soutien au parti dans la lutte d’abord pour la conquête du pouvoir et ensuite pour l’instauration d’une véritable démocratie et de l’Etat de droit en Guinée.

Nous avons senti et constaté une détermination véritablement très forte chez nos militants. Dans toutes les villes visitées les gens se sont fortement mobilisés, et les résidents des autres Etats voisins se sont rendus dans ces villes pour assister aux meetings.

Des discours ont été tenus, et, à travers des « fund raising », ils ont démontré leur résolution et leur volonté d’appuyer financièrement le parti dans sa bataille pour les prochaines échéances électorales. Il y a eu assez de contributions et de cotisations financières en faveur de l’exécution de notre programme de renouvellement des motos des secrétaires généraux de sections de notre parti. Là, ils ont pu couvrir le besoin prévu pour l’ensemble des sous-préfectures du pays.

Guinéenews© :Parlant de vos discours, celui que vous tenu à Chicago a provoqué de réactions vives, notamment de la part de vos adversaires politiques du RPG-arc-en-ciel, qui vous accusent d’avoir tenu des propos qui incitent à la guerre. Qu’en est-il ?

Cellou Dalein Diallo :Bon, pour justifier leur violence verbale et physique, les gens du RPG cherchent toujours à déformer nos propos. Et c’est dans ce cadre que lorsque j’ai utilisé le mot «guèrè fi laamou» (NDLR : terme poular qui signifie la bataille pour le pouvoir) en poular, nous allons bénéficier naturellement de l’appui de nouveaux militants qui arrivent de toutes les régions pour combattre le tribalisme et pour combattre la fraude électorale. Alors, nous considérons cela comme un combat politique. On peut considérer cela comme une guerre qu’il faut mener contre toute tentative et forme de fraude électorale afin que les Guinéennes et les Guinéens puissent enfin pouvoir librement choisir leurs dirigeants à tous les niveaux.

Nous avons les élections locales qui sont en vue, et nous sommes convaincus que le pouvoir ne manquera à vouloir organiser des fraudes. Donc, il faudra que le peuple se lève pour s’opposer au détournement des suffrages de nos électeurs par le RPG et l’administration territoriale.

Ceux-ci sont déjà préparés à cet effet. Beaucoup d’élus locaux au niveau des quartiers, districts et communes urbaines et rurales sont remplacés par des nommés locaux, tous responsables et militants du RPG-arc-en-ciel. Comme c’est le cas notamment à Conakry.

Donc, il faut que nos militants et nos alliés soient sensibilisés et préparés pour comprendre que l’enjeu majeur est de s’opposer à tout prix à la fraude électorale. Et ce combat, il faut le mener. Et c’est dans ce cadre que j’ai parlé de « guèrè » à Chicago. Et c’est la même chose que le combat, la bataille ou la lutte contre la fraude, l’exclusion et la discrimination que le RPG utilise dans la gestion des affaires du pays.

Guinéenews© :Durant votre séjour, vous avez eu des séances de travail avec des officiels américains et onusiens. Parlez-nous-en brièvement.

Cellou Dalein Diallo :D’abord à Atlanta, j’ai pu rencontrer des responsables du Centre Carter (NDLR : fondé par l’ancien président américain Jimmy Carter). Ce centre est très impliqué dans l’accompagnement des pays en développement dans les élections.

A Washington D.C., j’ai été reçu au département d’Etat où j’ai eu un entretien fructueux avec la Sous secrétaire d’Etat aux affaires africaines. J’ai été aussi reçu par le directeur du National Democratic Institute (NDI), avec lequel nous avons échangé sur les questions liées aux prochaines échéances électorales. Il en a été de même avec le représentant d’IFES.

Puis, l’université de la défense américaine nous a reçus où j’ai échangé avec la directrice des études stratégiques africaines.

Egalement, des fructueux échanges sur la démocratie et les droits humains en Guinée ont eu lieu à la Fondation Heritage.

A New York, le Secrétaire général des Nations unies chargé des affaires politiques nous a accordés une audience. Tout comme ce fut le cas avec la Sous-secrétaire générale adjointe à la sécurité. A ces niveaux, les discussions ont portés sur la démocratie, la consolidation de la paix, les perspectives de développement de la Guinée.

J’ai accordé des interviews avec la Voix de l’Amérique et la chaine américaine NBC.

Je tiens à les remercier tous pour leur disponibilité et leur intérêt manifeste à nos préoccupations.

La mission a été un succès sur tous les plans.

Guinéenews© :Vous êtes économiste, ancien haut responsable à la banque centrale guinéenne et homme politique. Quel est votre sens de compréhension et d’explication que vous donnez à cette affaire de 4 milliards de FCFA saisis par la douane sénégalaise ?

Cellou Dalein Diallo :La première leçon que je tire est que la banque centrale a voulu venir au secours des autorités politiques pour blanchir l’opération. En s’appropriant la paternité de l’opération. Mais, les documents et même les propos tenus par le gouverneur de la banque centrale ne sont pas cohérents. D’abord, il a parlé de 10 millions de dollars, ensuite de 20 millions. Donc, les sommes varient en fonction du responsable qui parle. Pire, les documents exhibés ne sont pas crédibles. Car, nous avons un document photocopié et signé. On ne connait pas la société qui est en train d’organiser ces transferts.

Ensuite, si on doit faire des transferts, encore que la banque centrale dit l’argent était destiné à Suisse ou de la City Bank, à New York. Alors, si on veut envoyer de l’argent à Genève ou à New York, pourquoi l’envoyer à Dubaï ? Alors qu’Air France, qui continue à desservir Conakry, effectue des vols Paris-Genève. Pourquoi Dakar puis Dubaï pour transférer des fonds destinés, on nous dit une première à Zürich, avant de changer de version pour dire à New York ?

Donc, je ne vois pas de crédibilité ni dans les propos tenus, ni dans les documents exhibés. Je pense qu’on veut blanchir l’opération, en faisant croire que c’est la banque centrale qui en est derrière. Comme celle-ci est habilitée, dans les conditions normales de faire de transport de fonds, donc on veut nous faire croire que c’est elle qui est à l’origine de l’opération.

Alors, je pense que la banque centrale a juste échoué dans sa tentative de vouloir blanchir les autorités dans une affaire de détournement de fonds.

Guinéenews© :Quelles en sont les conséquences de cette affaire, s’il y en a, selon vous ?

Cellou Dalein Diallo :Avant tout, il faut identifier l’origine de ces fonds. On a parlé de 6 millions d’Euros, ensuite de 20 millions de dollars. D’où viennent ces sommes ? Et quelle était la destination réelle de ces sommes ?

Il faut donc mener des enquêtes pour savoir si Crédit Suisse ou City Bank attendaient ces fonds de la banque centrale de Guinée. Parce que jusqu’ici Crédit Suisse et City Bank n’ont pas réagi. En général, la banque qui reçoit est saisi d’avance et elle prend toutes les dispositions sécuritaires et logistiques.

Guinéenews© :Vous êtes aussi député à l’Assemblée nationale. Envisageriez-vous l’ouverture d’une enquête parlementaire sur l’affaire ?

Cellou Dalein Diallo :Bien sûr ! Il est possible, voire même facile à vérifier. Une telle investigation permettra d’abord de vérifier les critères et conditions de recrutement de l’entreprise qui a transporté ces fonds. Ensuite, mener les enquêtes auprès des 2 institutions bancaires citées par le gouverneur de la banque centrale. Ceci, pour savoir si l’arrivée de ces fonds avait été annoncée. Il faudra également connaitre l’origine de ces fonds. Est-ce qu’ils viennent des caveaux de la banque centrale. Si oui, est-ce que toutes les règles et procédures de transfert ont été respectées ? Est-ce qu’il existe un contrat entre le transporteur et la banque centrale ? Depuis quand ? Nous demanderons aussi la présentation des documents légaux établis pour le transfert.

Donc, l’opposition parlementaire va demander la mise en place d’une commission d’enquête à cet effet.

Guinéenews© :Et vous espérez bénéficier de la coopération franche d’avec les autorités concernées, notamment la BCRG, qui clame la paternité de l’opération ?

Cellou Dalein Diallo :On va pouvoir juger de leur disponibilité et de la sincérité de leur déclaration. A priori, s’ils sont convaincus que l’opération est régulière, je ne vois pas pourquoi ils s’opposeraient à l’enquête parlementaire. Donc, leur réaction à l’ouverture d’une investigation parlementaire sera d’office édifiante dans un sens ou dans l’autre. Un refus de coopérer permettrait d’en tirer les conclusions.

Guinéenews© :En tant qu’opposant, vous avez été très critique de la manière dont le président Alpha Condé et son gouvernement ont géré et continuent de gérer l’épidémie d’Ebola en Guinée. Qu’auriez-vous fait en tant que président de la République ?

Cellou Dalein Diallo :J’aurais pris des dispositions beaucoup plus rigoureuses, et cela, à temps. D’abord, j’aurais porté à la connaissance des populations de l’existence de la maladie dès après avoir obtenu l’information. Je l’aurais donc fait plutôt ! Ceci, pour éviter chacun à prendre toutes les dispositions. Au-delà, j’aurais pu circonscrire très tôt la maladie en isolant aussitôt les zones touchées. Avant de déployer rapidement les équipes sanitaires sur les lieux avec les moyens possibles qu’il faut.

Compte tenu de la gravité de la maladie et de ses moyens de propagation, j’aurais donc mis en quarantaine les foyers et zones affectés pour protéger non seulement le reste de la Guinée, mais également les pays voisins.

Ensuite, on aurait dû féliciter et remercier les partenaires internationaux. Au lieu de s’en prendre à eux, de les attaquer en disant qu’ils sont en train de ternir l’image de la Guinée et de se faire de l’argent sur le dos de la Guinée. Ces propos de la part du chef de l’Etat n’étaient ni responsable ni une bonne chose.

Car il faut reconnaitre qu’en plus du personnel local, les gens ont pris des risques à venir aider sur le terrain. Nous savons qu’il y a des agents de l’Organisation Mondiale de la Santé, et d’autres ONG humanitaires comme Médecins sans frontière qui ont été contaminées. Certains en sont morts d’ailleurs. Il y a eu des agents nationaux aussi en ont été victimes.

Il fallait donc exprimer la gratitude du peuple à ces institutions et à nos équipes nationales et locales. Il ne fallait pas tenir de propos triomphaliste en disant que la maladie est maitrisée et que les Guinéens n’ont pas peur d’Ebola. Pendant ce temps, l’épidémie faisait des victimes par dizaines voire centaines.

Ce fut une erreur de dire que les investisseurs et les hôtes de la Guinée peuvent venir. Car croyez-moi, la vigilance a baissé suite à la déclaration de tels propos de la part du président de la République.

En outre, j’aurais déclaré l’état d’urgence en même temps que les 2 pays voisins affectés, notamment le Libéria et la Sierra Léone. Je me serais abstenu de me rendre à Washington pour le sommet Afrique-Etats-Unis. Surtout qu’en plus de l’épidémie, il y  avait le drame de la plage de Taouyah, à Conakry qui avait fait une trentaine de morts. Ce qui m’aurait permis d’exprimer mes préoccupations vis-à-vis d’Ebola, et ma solidarité avec les familles des victimes de Taouyah.

Guinéenews© :Le processus politique peine toujours à suivre son cours normal quant au respect des accords du 3 juillet 2013, alors que le temps suit son cours normal. Y-a-t-il encore de chance que les consultations soient tenues d’ici fin 2014 ? Sinon, quels en seraient les risques et conséquences ?

Cellou Dalein Diallo :Vous savez que le président Alpha Condé avait remplacé tous les conseils communaux du pays favorables à l’opposition par des responsables et militants du RPG-arc-en-ciel. Et il continue de remplacer tous les chefs de quartier et district par ses proches. Il le fait dans le but d’obtenir leur appui pour organiser la fraude afin de s’octroyer la gestion de ces mairies, quartiers et districts. Et ceci, pour réussir sa mission de frauder à la présidentielle de 2015.

Le gouvernement refuse donc de respecter sa part dans les accords du 3 juillet 2013 (qui prévoyait l’organisation des élections communales et communautaires avant la fin du premier trimestre de l’année 2014), parce qu’il veut l’implication des responsables locaux de l’administration administrative et territoriale dans le scrutin. Ce, en violation de toutes les lois électorales et du contenu des accords du 3 juillet 2013.

Mais c’est sans mesurer la détermination de l’opposition dans sa bataille pour un scrutin local transparent et crédible. Et ce, avant le scrutin présidentiel. Sinon, Alpha Condé aura à sa disposition l’ensemble des préfets, sous-préfets, maires, présidents de quartiers et de districts qui vont s’impliquer à préparer la fraude pour sa victoire. Ce qui n’est pas et jamais ne sera possible, encore moins accepté et acceptable.

Donc, quelle que soit la résistance de l’autorité, l’opposition va continuer à se battre pour exiger la tenue d’élections locales libres, démocratiques, crédibles et transparentes avant l’élection présidentielle.

Guinéenews© :Vous venez de boucler l’étape des Etats-Unis de votre tournée nord-américaine, votre message de la fin à l’endroit des militants et responsables de l’UFDG ; et par extension à l’ensemble de la communauté guinéenne aux Etats-Unis ?

Cellou Dalein Diallo :D’abord, leur exprimer mes sentiments de profonde gratitude et de sincères remerciements pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé, mais aussi pour toutes les dispositions pratiques prises pour rendre agréable notre séjour. Et croyez-moi, le séjour a été franchement très agréable! Mais aussi pour la forte détermination des militants et sympathisants d’appuyer le parti et de se battre aux côtés des militants et sympathisants en Guinée pour notre victoire aux prochaines échéances électorales locale et présidentielle.

Je tiens donc à les remercier tous de partout à travers les villes américaines, sans aucune exception. Car, ils étaient venus de partout pour nous rencontrer dans les villes visitées. Je les encourage davantage.

Je tiens aussi à les rassurer que de notre côté, nous ne fléchirons pas, nous ne reculerons pas et nous ne cèderons pas. Nous mènerons sans complexe ce combat pour la défense des valeurs autour desquelles nous nous sommes réunis au sein de l’UFDG.

Nous nous battrons pour organiser des élections dans la transparence et obtenir notre victoire en toute transparence. A cet égard, nous sommes convaincus que nous avons tous les avantages. Nous enregistrons tous les jours des adhésions de toutes les ethnies, de toutes les régions, de tous les âges et de toutes les professions. Parmi eux, nombreux sont les victimes et les déçus de la misère, la souffrance accentuée, et des pratiques d’exclusion, de discrimination et de division du régime d’Alpha Condé.

Et soyez convaincu que ces adhésions permettront à l’UFDG de gagner dès le premier tour si les élections sont transparentes.

En fin, je félicite et remercie toute la communauté guinéenne, qui participe activement à l’animation de la vie politique en Guinée, qui contribue naturellement à la réduction de la pauvreté dans leur pays par les apports familiaux et communautaires, ainsi que des investissements de toute nature.

Je les invite à rester uni et solidaire au-delà des clivages politiques, ethniques ils ont en commun la Guinée pour la construction de laquelle ils participent aux côtés de leurs compatriotes restés au pays.

J’étais heureux d’avoir constaté la présence des représentants des autres partis politiques lors de nos meetings. Je les remercie et les encourage. Je les invite à considérer cette différence d’appartenance politique comme une affaire de « sanakouya ». Qu’ils restent unis dans la différence politique et ethnique pour que nous puissions consolider l’unité nationale, la cohésion sociale et préserver la paix et la stabilité en Guinée. 

Interview réalisée parAbdoulaye Diallo, chef de bureau de Guinéenews© à New York.

Mis à jour le vendredi 29 août 2014 12:09

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Assemblée Nationale : L’honorable Kalémodou Yansané rectifie les contre vérité de son Homologue Honorable Damaro Camara

Honorable Kalemodou Yansane...

Dans l’émission matinale du 22 mai 2014 sur Chérie FM monsieur Damaro Camara Député à l’Assemblée Nationale a déclaré que « lorsque Elhadi Cellou Dalein venait au Transport comme Ministre, le train Conakry Kankan marchait et qu’à son départ de ce ministère non seulement le train ne roulait plus mais les rails aussi avaient disparu »

Mis à jour le jeudi 29 mai 2014 11:41

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Cellou Dalein Diallo à la VOA : "Il n'y aura pas de présidentielle si les élections communales ne sont pas organisées avant"

Cellou Dalein Diallo, Président de l'UFDGDans une interview à la Voix de l’Amérique, le président de l’UFDG a fait cet avertissement alors que le calendrier électoral n'est toujours pas connu en Guinée. En tournée aux Etats-Unis, l’ancien Premier ministre réaffirme que le réflexe tribaliste demeure un danger dans son pays.

Mis à jour le samedi 23 août 2014 11:45

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Cellou Dalein DIALLO "Alpha Condé n’a fait qu’encourager le crime depuis qu’il est au pouvoir"

Le Président Cellou Dalein DIALLO accordant une interview au journaliste Ben Pepito

Le vendredi dernier, 21 mars, quelques heures avant de reprendre son vol pour Cona-cris, Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l’opposition guinéenne, a reçu, dans sa suite à l’hôtel Le Méridien à Paris, votre gars, en dépit de son calendrier de leader politique très chargé. Pour une causette tranquille, loin de la bousculade des militants qui se pressent pour le voir, pour le toucher, pour le respirer et pour se photographier avec lui. Didon ! Pour rien au monde, on n’a voulu rater cette occasion. Vite un dictaphone pour l’entendre flanquer subtilement une dérouillée à Jean-Marie Doré, le stratège de l’UPG, pour l’écouter sur d’autres trucs qui vous regardent ! Alors zieutez-moi ça et dites ce que vos radars ont détecté…


Le premier mars dernier au siège de l’UFDG à Conakry, vous caparaçonnez vos « missions » à l’intérieur de la Guinée du qualificatif de changement dans le pays. Parce que tout simplement des préfets et des sous-préfets se sont montrés coopératifs à vos yeux !...

Mais écoutez ! Il ne faut pas exagérer. J’étais en train de faire le compte rendu des missions. Et j’ai admis que pour cette fois-ci les préfets et les sous-préfets ont été plus compréhensifs à l’occasion de ces missions. Parce que d’habitude, ils nous interdisent les places publiques et les réceptions. Cette fois-ci, ils n’ont pas fait ça. Partout où nos fédérations l’ont demandé, elles ont obtenu le stade, la place de l’Indépendance et la réception a été autorisée. Il faut le noter simplement. On n’a pas dit qu’il y a un changement. A quelques rares exceptions près comme dans la sous-préfecture de Konkouré à Mamou où le sous-préfet n’a pas voulu que la délégation conduite par le président de l’UFDG soit reçue. C’était une exception. Sinon partout ailleurs les autorisations ont été données. Ce qui n’est pas habituel. Donc ce changement aussi il fallait le noter.


Votre propos ne peut que vexer tous ces citoyens qui gîtent dans les geôles de la Guinée à cause de leur appartenance politique, toutes ces populations qui souffrent de misère, tous ces pauvres élèves et étudiants à qui le pouvoir en place impose un enseignement médiocre.

D’abord, je n’ai pas dit qu’il y a eu changement ! Le changement dont je parlais concernait un aspect particulier : l’autorisation d’organiser nos meetings dans les places publiques sous le contrôle des préfets. Cette autorisation était nouvelle. Habituellement les préfets nous disent qu’on ne peut pas accéder aux stades et aux places de l’Indépendance. J’ai parlé de ce changement de l’attitude des fonctionnaires de l’administration territoriale. Je n’ai pas dit qu’il y a eu changement positif en Guinée. Au contraire lors de ma mission, je n’ai pas manqué de dénoncer justement le manque de responsabilité, le manque de progrès dans ce que les populations attendaient du pouvoir. Parce que comme vous le savez, il y a moins d’électricité aujourd’hui. Il y a moins d’eau. Il y a moins de sécurité. Il y a moins d’unité nationale. Il y a plus de peur, plus d’insécurité, plus d’arbitraire, plus d’injustice et plus d’exclusion. Donc il n’y a pas de changement positif du tout. Si j’ai parlé de changement c’est dans l’attitude de certains responsables de l’administration territoriale qui ont accueilli les députés de l’UFDG dans des conditions un peu plus correctes.


On attend beaucoup de voir ce que l’opposition parlementaire votera pendant la session des lois prévue au mois d’avril pour amener à traduire en justice tous les responsables de tous les crimes et massacres de citoyens commis dans le pays…

Vous devez savoir d’abord que ça été une préoccupation majeure de l’opposition guinéenne. Lors du dialogue de juin 2013, nous avons inscrit à l’ordre du jour la fin de l’impunité pour ceux qui ont commis des crimes notamment lors de nos manifestations pacifiques et nous avons obtenu un engagement ferme du gouvernement de diligenter des enquêtes, d’identifier les auteurs de ces crimes et de les déférer devant les tribunaux. C’est une disposition de l’accord du 3 juillet. Vous pouvez relire l’accord. Nous avons également obtenu lors de ce dialogue l’engagement du gouvernement d’indemniser les victimes c’est-à-dire ceux qui ont perdu des proches, ceux dont les boutiques ou les maisons ont été incendiées ou vandalisées par les forces de l’ordre et les loubards du RPG. Ces engagements ont été fermement pris devant la communauté internationale par le gouvernement. Mais malheureusement jusqu’à ce jour il n’y a pas d’effet. Donc nous allons reposer le problème à l’Assemblée pour demander la mise en œuvre, l’exécution de ces engagements qui touchent le volet des droits de l’homme.


N’est-ce pas que Thierno Mandjou Sow de l’OGDH a raison de dire que « L’impunité est un danger, un déni de justice. Elle ruine les fondements de la bonne gouvernance », encore que nous vivions la mal-gouvernance en Guinée ?

Naturellement, en garantissant l’impunité criminelle, M. Alpha Condé n’a fait qu’encourager le crime depuis qu’il est au pouvoir. J’avais dit lors d’une conférence de presse que si le cas de Zakariaou Diallo, la première victime du règne d’Alpha Condé, qui a reçu une balle au cou à l’occasion d’une réception qui m’était réservée lors de mon retour en Guinée le 3 avril 2013. Si ce cas avait été bien traité peut-être qu’il n’y aurait pas eu Zogotha, peut-être qu’il n’y aurait pas eu les autres crimes. Mais en refusant de déférer les auteurs de ce crime devant les tribunaux il a encouragé les autres à continuer. Et vous savez bien que l’UFDG a perdu 56 de ses militants. Ce n’était pas en un jour : il y a eu deux, trois, quatre, cinq, jusqu’à 56. Mais jusqu’à présent aucune enquête sérieuse n’a été menée pour identifier les criminels. Il n’y a même pas eu de sanction administrative contre les policiers et les gendarmes qui étaient responsables de ce qu’ils ont appelé « un maintien d’ordre » alors que souvent c’était un carnage.


Parlons de votre mésintelligence avec M. Bah Oury, vice-président de l’UFDG et président, depuis peu, de l’opposition républicaine extra-parlementaire. N’est-ce pas affligeant pour les militants de savoir que vous n’avez pas parlementé avec M. Bah Oury en France sachant que vous êtes à Paris depuis une dizaine de jours ?

Ecoutez ! Vous savez que dans le passé, j’ai mené beaucoup de démarches. J’ai pris beaucoup d’initiatives pour mettre un terme à ce malentendu entre M. Bah Oury et moi. Je n’ai pas pu obtenir des résultats.

Je ne comprends pas qu’il se déclare être président de l’opposition extra-parlementaire alors qu’il se déclare encore être vice-président de l’UFDG. Parce que l’UFDG comme vous le savez est au Parlement. Nous y occupons un poste de vice-président. Nous présidons quelques groupes parlementaires et nous avons trente sept (37) sièges. Il y a deux choses : soit il est de l’UFDG. Les instances compétentes du parti ont décidé d’aller aux élections. Ces instances compétentes ont décidé de siéger et alors il se soumet à la règle de la majorité, à la décision prise par les instances compétentes du parti. Soit il dit qu’il n’accepte pas cette décision comme il le fait depuis longtemps. Et à ce moment il faut qu’il clarifie sa position.


Il dit vous avoir écouté sur RFI et suivi sur France 24. Et il soutient mordicus que vous ne l’avez pas appelé ni cette fois-ci encore moins en mai 2013 quand vous étiez à Paris. Qu’est-ce que vous en dites ?

Je ne veux pas polémiquer avec lui par l’intermédiaire d’un média. Je considère que c’est un problème interne. Que certaines questions ne peuvent être débattues qu’à l’interne. Il est conscient que ce qu’il dit ne correspond pas à la vérité. Mais je ne vais pas m’expliquer davantage. J’espère et je souhaite vivement qu’il revienne à la raison, qu’il revienne dans les rangs de l’UFDG et qu’il respecte les décisions des instances du parti. Ce sont les instances du parti qui m’ont élu comme président de l’Union des forces démocratiques de Guinée. Le bureau exécutif fonctionne. Le conseil politique fonctionne sous ma présidence bien entendu. Mais j’ai un mandat d’un congrès qui m’a élu. Et je pense qu’il doit respecter le président du parti, être dans les rangs. Et s’il a des propositions à faire, parce que tout ce qu’on fait, il estime que ce n’est pas bon, s’il est dans le parti, il peut les faire. Ses propositions pourraient alors être débattues. Si elles sont pertinentes, si elles vont dans le sens de l’intérêt du parti, si elles reçoivent l’aval de la majorité, il n’y a pas de raison qu’on ne les applique pas. Mais on ne peut pas dire : « moi, je suis fondateur du parti donc c’est moi qui décide, c’est moi qui juge de la pertinence, de l’opportunité des décisions. Et que si je ne donne pas mon aval ce n’est pas valable. »

Ben Pepito et le Président Cellou Dalein DIALLO


Jean-Marie Doré de l’UPG, au déclin de sa vie politique, vous accuse vertement de tous les péchés d’Israël en vous faisant passer pour un petit comptable qui, n’ayant ni stratégie ni vision, a porté atteinte à l’efficacité de l’opposition guinéenne. Votre réaction ?

Bon, écoutez ! Je vous laisse le soin d’apprécier. Moi, je suis arrivé en politique en novembre 2007. Mais huit (8) mois après j’avais le plus grand parti de la Guinée. Lorsque je prenais la direction de l’UFDG, c’est un parti qui avait en son sein des personnalités notoirement connues comme Bâ Mamadou et même Bah Oury connu pour son action dans les droits de l’homme. Mais le parti n’avait pas un comité de base. Le parti n’avait pas une section. J’ai implanté le parti sur l’ensemble du territoire et en six (6) mois, l’UFDG était devenue le plus grand parti de la Guinée. Il a fallu pour beaucoup de monde attendre les résultats du premier tour de la présidentielle passée pour s’en convaincre. Même si j’étais mauvais politicien. Parmi les grands et les vieux qui étaient là, j’ai eu 44% et celui qui est venu après moi a eu 18%. Et ça c’est du travail qui était entrepris avec l’appui de ceux que j’ai trouvés à l’UFDG mais aussi avec ceux qui m’avaient aussi accompagné. Nous avons implanté le parti dans Conakry. En quatre mois, on a créé cinq cent (500) comités de base et on a implanté le parti dans les trois cent quatre (304) CRD et j’ai suscité la confiance et l’adhésion de beaucoup de mes compatriotes qui ont rejoint le parti. Même si je ne suis pas un grand politicien, en tout cas j’ai eu de très bons résultats. Peut-être que je n’ai pas pu encore occuper la présidence de la république mais je pense que c’est pour bientôt.


L’on espère que votre politique sera payante en 2015 et que vous ne tomberez pas dans la manipulation politique des ambassadeurs américain, français et du représentant de l’Union Européenne en place à Conakry.

Bon, écoutez ! Nous sommes dans un monde de plus en plus globalisé. Nous devons continuer à travailler avec nos partenaires au développement. Maintenant ceux qui veulent aider la Guinée vont aider le pays à organiser des élections transparentes. L’Union européenne a eu la sagesse de contractualiser par les pays ACP le respect d’un certain nombre de valeurs : la démocratie, les droits humains, la bonne gouvernance, l’Etat de droit. Et l’Union européenne s’est même donné le droit dans cet accord de Cotonou d’interpeller les gouvernements qui violeraient ces principes-là. Alors je pense que c’est le moment pour eux d’aider la Guinée à organiser des élections transparentes afin que la démocratie avance. Parce qu’ils ont montré leur attachement à la démocratie en incluant dans l’accord de Cotonou ces dispositions pertinentes. Il faut maintenant dans l’action qu’ils accompagnent la Guinée pour qu’elle sorte de ce cycle d’élections de hold-up électoral. Parce que ça peut être préjudiciable à la paix, à la stabilité, et que les règles et les principes démocratiques soient respectés. La France, les Etats-Unis, l’Union européenne sont fortement impliqués dans le processus électoral. Ils sont cosignataires de l’accord du 3 juillet qui a sanctionné le dialogue du mois de juin 2013. Donc il faut qu’ils veillent à l’application de toutes les dispositions de cet accord et qu’ils aident aussi la Guinée à mettre en œuvre les recommandations pertinentes de la mission d’observation électorale de l’Union Européenne.


Dernière question sur l’affaire Mandjan Sidibé traqué à Conakry et Idrissa Sampiring Diallo persécuté à Labé à cause de leur liberté de ton dans l’exercice de leur fonction de journaliste. Faites cesser ça maintenant que vous êtes au Parlement !

D’abord je pense qu’il y a des recours avant le Parlement. La liberté de presse est consacrée. Si leurs droits sont violés qu’ils le manifestent, ils auront naturellement le soutien de l’opposition. L’un d’eux a eu déjà le soutien de l’opposition républicaine. Nous sommes pour le respect des lois de la République, le respect de la liberté d’expression. Si leurs droits là sont violés, naturellement ils auront à leur côté l’UFDG et je pense de tous les autres partis de l’opposition républicaine.


Propos recueillis par 
Benn Pepito

Mis à jour le lundi 24 mars 2014 20:59

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